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2 mars 2012

Bili Bidjocka: La peinture vivante


Bili Bidjocka et Jean-Pierre Bekolo


Publié dans Cameroon Tribune du 01 Novembre 2010
Par Rita DIBA 

Le plasticien, en repérage au Cameroun pour le prochain Salon Urbain de Douala, en a profité pour discuter art à l’espace Doual’art.
Une langue morte. Telle est la métaphore qu’emploie Bili Bidjocka pour définir la peinture dans son sens le plus classique. Avec Bili, on n’est plus à l’ère de la peinture à huile, de l’acrylique et autres, des pinceaux et des toiles à accrocher sur les murs... Pourtant, Bili Bidjocka se définit bel et bien comme un peintre. Filière dans laquelle il a suivi sa formation aux Beaux-Arts à Paris. Loin de toute considération commerciale, la peinture du plasticien prend place surtout dans les musées.
Exposition à l'Abbaye de Mautbuisson

Un cadre à propos, parce que la peinture de Bili Bidjocka, difficile à contenir dans un cercle restreint, s’exprime dans l’espace. C’est une mise en scène, une architecture scénographique, parfois en mouvement, qui véhicule une idée. C’est une reproduction à moindre échelle du monde tel qu’il est vécu à l’extérieur, du temps comme il s’écoule. Et la plupart du temps, il y a inclusion du sujet humain. C’est tout cet ensemble qui constitue un tableau pour Bili Bidjocka. Et tout y participe, installation, vidéo, sculpture… toute cette mise en scène est fortement influencée par la danse et le théâtre, que Bidjocka a pratiqués à une époque.

New York, Paris, Tokyo, Berlin, Munich, Delphes… aux côtés de grands comme le maître du pop art, Andy Warhol, ses expositions suivent le cours de la vie et n’ont pas pour souci de remporter un succès populaire. Plutôt de pousser les gens à s’interroger, à prendre le temps de regarder autour d’eux, à expérimenter des situations. Comme lors de son expo « le principe et la faim », constituée d’une robe faite de bananes. Une expo qui a duré 45 jours pendant lesquelles les bananes sont passées de vertes à pourries, avec en prime une odeur insupportable dans les derniers jours. Il était question de montrer le rapport de l’attraction à la répulsion. Cette exhibition rentrait dans le cadre d’un travail d’une dizaine d’années, "Je suis la seule femme de ma vie", thème qui lui a été inspiré par l’absence d’artistes féminins au Louvre.
Un extrait de son oeuvre: l'Ecriture infinie
Autre chose que le Louvre lui aura inspiré, par le manque aussi de plasticiens africains, une idéologie artistique qui lui aura permis de se créer un espace d’expression singulier, favorisé par son installation aux Frigos à Paris. Cette idéologie est très marquée par la poésie, synonyme de beauté absolue. Et sa manifestation, Bili l’appelle "Perfect Lover". Cette poésie est également scripturale, et ouvre d’autres univers au peintre : « C’est effrayant, parce que je sors de plus en plus de la fabrication d’objets pour l’écriture ». 
L'écriture infinie, un espace où chacun participe en s'exprimant sur une page blanche

Dans ce cadre, Bidjocka est en train de réaliser l’œuvre de toute une vie, « L’écriture infinie », un projet de livres gigantesques de 6000 pages, qui vont faire le tour du monde. Des ouvrages vierges que la planète entière aura la mission de remplir. Sa mission à lui, dans le court terme, être prêt pour le Salon Urbain de Douala, en décembre prochain.
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