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7 juin 2008

Camrail contre lespopulations riveraines

nalyse des tarifs de camrail

« La où la route passe, le développement suit ». Cet adage illustre bien l’importance des voies de communication en tant que vecteur de développement pour les populations locales qu’elles permettent de désenclaver. La route permet donc aux populations locales de trouver des débouchés à leur production économiques. Mieux encore, la route offre une connexion sur la modernité avec ses avantages que sont la santé, l’éducation, le repeuplement des campagnes ou le changement des mentalités).
Toutefois, pire que l’absence de voies de communication il y a la quasi-privatisation de celles existantes. C’est ce que l’on observe avec la main basse que la société Camrail fait sur le chemin de fer camerounais au détriment des populations riveraines. En effet depuis la privatisation de la REGIFERCAM (Régie de s chemins de fer camerounais) en 1999 et sa cession à la SDV-Saga (Filiale du groupe Bolloré) qui l’exploite sous le nom de Camrail.
Si l’on peut mettre à l’actif de CAMRAIL une réussite managériale qui en permis en quelques mois à CAMRAIL de multiplier plusieurs fois son chiffre d’affaires. Ces succès sont dus à la sécurisation des recettes liées à la branche voyageurs, à la restructuration de l’entreprise (licenciement, retraites anticipées, etc) et à des contrats juteux relatifs à la construction du Pipe line Tchado-camerounais.
Malheureusement, cet enrichissement de CAMRAIL s’est accompagné d’un appauvrissement des populations riveraines dont les effets sont manifestes. Entre autres on peut citer des hausses cyniques de tarifs, et la fixation irresponsable de nouveaux horaires des trains voyageurs.

1. Hausse des tarifs voyageurs.
Si l’on peut comprendre la nécessité d’ajustement périodique des tarifs, l’on ne saurait justifier des hausses de plus de 50%. Ainsi le tarif Yaoundé-Ngaoundéré est passé de 6000 frs à 10 000 Frs soit une augmentation de 66%. Mais c’est sur le ligne Douala –Yaoundé que l’on va observer le cynisme de CAMRAIL. En effet, la Camrail est coupable d’un abus de position dominante par sa politique de prix discriminatoires qui rendent plus cher le tarif vers des zones enclavées. Cela illustre le cynisme de Camrail qui n’a aucun scrupule à taxer les populations des zones enclavées (Voir tableau). Il faut dire que c’est le moyen le plus facile qu’ils ont trouver pour remplir leurs caisses dans la mesure où ils n’arrivent pas à tenir la concurrence avec les bus sur le transport inter urbain à cause d’une qualité déplorable du service (Horaires incertains).

Trajet Par route Par train
Tarif Prix/km Durée Tarif Prix/km Durée
Yaoundé- Eséka (110 km) 2500 20,3 F 2 h 30 1250 10 F 1 h 30
Yaoundé-Bidjoka (Hikoa-Malép) (133 km) 2700 21.1 F 3 h - - -
Eséka-Bidjoka (Hikoa-Malép) (23 km) 1000 43,5 F 40 min - - -
Yaoundé-Edéa (200 km) 2800 14 F 4 h 30 2000 10 F 2 h
Yaoundé-Douala (260 km) 3000 11.3 F 6 h 2800 10, 1 F 3 h

Il faut rappeler que le voyage interurbain par train avait la préférence des voyageurs tant à cause de son caractère touristique et ludique que de la sécurité qu’il offrait. Au lieu de s’atteler à la reconquête de ces passagers, Camrail a choisi la voie du moindre effort le mieux rémunéré.

2. Des horaires irresponsables
Camrail a décidé de fixer l’heure du départ des trains Autorail (Ydé-Dla) à 16 heures au lieu de 13 heures comme dans le passé. Ces horaires sont irresponsables et dangereux pour plus d’une raison :

• Ils exposent les passagers à la grande insécurité qui prévaut dans nos villes, notamment à des heures tardives. Hors il est fréquent que les trains arrivent après minuit, ce qui expose les passagers à des agressions fréquentes. Ceux qui connaissent l’environnement des nos gares et plus particulièrement de celle de Yaoundé n’oseraient jamais s’aventurer seuls hors du site de la gare. Or, justement, les voyageurs sont débarqués directement à l’extérieur de la gare et non dans le hall qui reste fermé.

• Le passage du train à des heures tardives et irrégulières dans les gares intermédiaires tue l’économie locale (le commerce) qui en est tributaire. Les gares de village sont des lieux de marché où se rencontrent des paysans venus des villages environnants (12 km à la ronde) et qui espèrent vendre leur produits tant aux résidents locaux, qu’aux passagers du train et autres citadins sur le chemin du retour. Imaginez le calvaire d’une pauvre femme ayant parcouru 7 km avec un régime de plantain qui doit attendre le passage du train à des heures tardives dans une gare désertée.

Conclusion
Nous appelons donc les élites locales, les population riveraines, la société civile de se mobiliser pour un dialogue constructif et pour des comportements humanistes avec Camrail. Nous en appelons aussi à la citoyenneté de Camrail qui appartient à un groupe qui dit « aimer » l’Afrique. Il serait dangereux de s’appuyer sur les seuls appuis des gens de pouvoir, mais il faut s’associer au peuple pour l’accompagner dans sa marche.

Bee binkon

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